Mika
Mika
L'écologie comme bien commun.

L'écologie n'est pas une punition

par Mika · 10 juin 2026

Avez-vous remarqué le ton qu'on prend, presque toujours, pour vous parler d'écologie ? Celui du reproche. Trop d'avion, un chauffage mal réglé, une assiette qui ne va pas. On finit par vous donner l'impression que sauver le monde commence par se sentir coupable. Le résultat, je le vois autour de moi : des gens fatigués d'avance, convaincus que leur petit effort ne pèsera de toute façon rien.

Et si on s'était simplement trompé d'histoire ? Au lieu d'aligner des interdictions, posons la seule question qui compte, celle qu'on se transmet de génération en génération : qu'est-ce qu'on a envie de laisser à ceux qui viendront après nous ? Du jour où on la formule comme ça, on cesse de subir le sujet. On peut commencer à le choisir.

Parce qu'au fond, de quoi parle-t-on ? De choses qui ne sont à personne en particulier, et donc à nous tous. L'air, l'eau, le climat, le vivant. On a passé deux siècles à confondre le progrès avec la vitesse, chacun tirant son épingle du jeu de son côté. Mais une chose qui appartient à tout le monde et à personne, si on ne s'en occupe pas, finit par se dégrader. Regardez une cage d'escalier que plus personne ne nettoie. C'est ça, à l'échelle d'une planète.

Je refuse deux facilités. La culpabilité, qui accable et ne mène à rien. Et le déni, qui rassure autant qu'il endort. Entre les deux, il existe un chemin plus exigeant, et nettement plus stimulant : décider d'en faire un projet qu'on mène ensemble, plutôt qu'une sanction qu'on nous inflige.

Ça se voit jusque dans les mots qu'on emploie. Prenez un toit qui produit sa propre électricité. On peut le présenter comme une contrainte de plus, une lubie. Ou comme ce qu'il est vraiment, pour celui qui l'installe : un bout d'autonomie, quelque chose qui lui appartient et qu'on ne peut pas lui couper d'un simple trait de crayon. Même objet, deux récits opposés. Et le récit qu'on choisit décide de qui voudra suivre.

Alors devrions-nous attendre, les bras croisés, qu'on finisse par nous l'imposer par la peur ou par la loi ? Je ne le pense pas. Et je suis persuadé que vous non plus. Commençons petit. La prochaine fois qu'on vous vend l'écologie comme une privation, demandez ce qu'on vous propose de bâtir à la place. Si la réponse ne vient pas, vous saurez qu'il manque encore l'essentiel.